« De plumes, de grès, de bronze… »

« Il n’est pas à la beauté d’autre origine que la blessure, singulière, différente pour chacun, cachée ou visible, que tout homme garde en soi, qu’il préserve et où il se retire quand il veut quitter le monde pour une solitude temporaire mais profonde. »

(Jean Genet à propos de l’œuvre d’Alberto Giacometti)

Cette exposition propose une balade poétique dans le monde des oiseaux, entre photos, textes et sculptures. Il est le fruit de deux passionnés de nature qui se sont rencontrés en 2001. Ce jour-là, dans une ruelle étroite du Vieil Oppède, Michel pousse la porte de l’atelier d’Olivia. Il est, soudainement, saisi par l’éclat et la perfection des figures qui peuplent ce refuge, à l’abri des turpitudes du monde. Il a compris que seul un être profondément touché pouvait transmettre autant de générosité et de réalisme. Chaque sculpture est un hymne à la beauté du vivant, le prolongement d’un flot d’émotions, un cri d’espoir et d’amour.

Très vite, le photographe animalier et la sculptrice découvrent qu’ils mènent un même combat : la protection des espèces. Le travail de l’une ne serait que l’accomplissement des projets de l’autre.

Michel reviendra, l’année suivante, avec ses photographies animalières, permettant ainsi à Olivia de découvrir, avec beaucoup d’émotion, la force visuelle de ses instantanés. L’un des clichés va donner naissance à une sculpture en bronze : Martin pêcheur « Toujours plus haut ». L’idée d’une exposition commune va, alors, faire son chemin : la sculpture serait le prolongement de l’intention photographique, parfois directement inspirée par l’image, décalée ou en continuité… Des extraits de textes ajouteront une dimension poétique. Nos deux artistes confieront à Elisabeth Trotignon, écrivaine, le soin de dénicher les écrits légitimes.

Après une première exposition partagée au parc Naturel Régional de la Brenne (2014), ils participent au festival international de la photo animalière et de nature de Montier-en-Der, en 2016. On les retrouve, en 2017, au domaine de la ferme Saint-Martin, à Suzette, en 2018 à la Maison de la Truffe et du Vin à Ménerbes, en 2019, au festival « AVES » à Namur en Belgique. En 2020, ils seront présents au festival de la Camargue et du Delta du Rhône.

Artiste engagée, Olivia Tregaut ne peut concevoir son travail qu’en prise directe avec l’actualité. Chaque sculpture est le prolongement d’un combat, de son immense intérêt pour le vivant. L’art a pour fonction d’exprimer la beauté du monde pour mieux convaincre de sa fragilité. « Mes tortues d’Hermann sont nées de la menace qui pèse sur l’espèce en fort déclin sur son aire de répartition. L’extinction du gorille me paraît inconcevable. J’ai voulu témoigner, dire mon aversion pour ce massacre. Mon gorille au rocher s’est imposé… »

Si l’émotion est toujours déterminante, elle peut, quelquefois, s’habiller de rêves comme cette sirène des mers lunaires, capable de s’adapter et de survivre aux pires désastres… « La richesse de notre planète est tellement grande que certains de ces êtres pourraient exister! Celle-ci, je l’ai vue dans les nuages. »

Michel Martinazzi est photographe animalier depuis 1974 et observateur amoureux de la Brenne (Indre). Sa passion: observer et photographier la nature. Michel photographie le mouvement, l’envol d’un passereau, un échassier qui pêche ou encore un rapace en chasse. Sa devise« Observer, repérer, identifier », afin de pouvoir, un jour de chance, réaliser le cliché dont il se souviendra.

Adrien Temporin

  • Nom de l'exposition De plumes, de grès, de bronze…
  • Origine France
  • Site d'exposition Parlement de Wallonie