Cette série est pour Dylan, l’occasion de faire connaître des espèces peu connues et souvent craintes, parfois à tort. Il aime jouer avec le ressenti, les émotions qu’on peut faire vivre à travers la photographie.
Les photos en plan serré permettent au spectateur d’imaginer le point de vue du reptile … ou de sa proie.
Ce genre d’image met en évidence la force, l’évolution, ou encore la prestance de ces animaux.
Inversement, les plans larges permettent, eux, de s’imaginer le monde, l’environnement dans lequel ils évoluent. Ces images-là vont surtout nous montrer l’envers du décor, nous faire prendre conscience du caractère éprouvant de la vie dans ces contrées, à la vulnérabilité de tout ce qui y vit.
De ce fait, on peut passer d’une photo où l’on se dit que le sujet est effrayant, qu’il a un regard dur, qu’il vient d’un autre temps, … à une autre photo de la même espèce où l’on va, cette fois, être percuté par la fragilité de cette espèce face à son milieu.
Cette exposition, sur le thème des reptiles Marocains est constituée de 14 photographies .
Dylan accompagnait un scientifique Marocain qui avait pour mission de faire des prélèvements sanguins et de venins sur un maximum d’espèces, d’une part pour les étudier, et de l’autre pour produire des sérums anti-venins dont ils manquent cruellement dans certaines zones du pays (et d’autres pays évidemment).
Pour trouver un maximum d’espèces en très peu de temps ils ont utilisé une technique qui consiste à visiter tous les pièges à faunes qu’ils croisaient, principalement des puits et réservoirs d’eau. Avec les températures très chaudes qu’il peut y avoir dans le sud du Maroc, les reptiles cherchent le moindre coin de fraîcheur, ce qui les amène souvent à tomber dans ces pièges dont ils ne peuvent pas ressortir seuls.
Pour le bien-être des animaux, tout se déroule dans une sorte de protocole implicite. ils descendaient donc dans chacun d’eux, pour sortir serpents, lézards, amphibiens, rongeurs, … qu’ils y trouvaient.
Ensuite, Abdou fait les prélèvements nécessaires, puis ils relâchaient les animaux un peu plus loin, assez pour qu’ils ne retournent pas tout de suite dans le piège, mais pas trop pour ne pas le délocaliser.
C’est à ce moment que qu’il a fait ses images, la séance est très courte, 10-15 minutes maximum, pour limiter le stress déjà bien présent après ces mésaventures.
Cette série mélange donc un point de vue scientifique (l’étude d’Abdou sur la génétique et les sérums anti-venins), éthique (surveillances de pièges à faune) et artistique (il essaye de mettre en évidence ces animaux à travers la photographie).

  • Nom de l'exposition Sur les terres de Déesse Cerastes
  • Nationalité Français
  • Site d'exposition La Bourse